Une-Rose-sur-la-Lune

Pensées & réflexions en bataille.

Dimanche 10 octobre 2010 à 15:14

 
 
http://une-rose-sur-la-lune.cowblog.fr/images/Aladecouvertedubonheur.jpg 
 
 
          Elle avançait, tremblante, sur la corde suspendue dans le vide. La sueur perlant à son front, elle tentait de se tenir droite malgré le mouvement traître du fil. Impossible de faire demi-tour, il était trop tard. Elle savait qu'elle jouait sa vie; elle l'avait toujours su. Le battement éperdu de son coeur lui rappelait à chaque pas qu'une erreur suffirait à la perdre. Un pied de travers, et elle sombrerait dans le vide abyssal qui s'étendait sous la corde.
          Pourtant elle ne regrettait rien. Jamais elle ne s'était sentie aussi vivante qu'aujourd'hui, perchée au-dessus du néant. Face à l'inconnu il ne lui restait plus qu'une certitude, la seule qui eut jamais compté: elle était animée, elle était vivante. Son sang parcourait ses veines, vibrant d'une nouvelle fureur de vivre, déchirant ses muscles endormis par une existence sans saveur. Son cerveau avait franchi les murailles de la raison humaine, il était bien au-delà: il ressuscitait. Enfin, après des années d'errance dans la boue du quotidien, elle saisissait le sens du mot "vie". Maintenant qu'elle ignorait ce que lui réserveraient les prochaines minutes, la flamme qui s'était éteinte au cours d'une existence trop paisible rugissait en elle. 
          Alors, sans ce soucier de la suite, elle posa son pied devant. Peu importait la mort. Aujourd'hui elle pouvait partir en disant ce que peu d'hommes pouvaient déclarer:
 
 
" J'ai vécu. "




 
 

Vendredi 27 août 2010 à 14:13

Gare de l'Est. http://une-rose-sur-la-lune.cowblog.fr/images/Coeursdenfants.jpg Il y a les gens aux visages tristes et fermés comme une maison abandonnée, ceux qui regardent par terre pour ne pas risquer de rencontrer l'autre en cherchant dans ses yeux, ceux qui répondent à un sourire par une mine effarée. 
Le métro ouvre ses portes et refuse de repartir. J'attends et j'observe. J'entends des râlements et des soupirs agacés. Et puis là-bas, près de la sortie, je vois ces deux familles qui ne se connaissent pas. Avec deux petits garçons. Ils ont sûrement fait connaissance dans le métro, et maintenant que les parents les tirent vers la sortie en souriant, en voilà un qui s'exclame : 

 
" Si tu veux on peut être copains ! " 

On dirait un petit soleil, avec son ciré jaune et son grand sourire. 
L'autre lui tend la main. Marché conclu. 

 
 

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