Une-Rose-sur-la-Lune

Pensées & réflexions en bataille.

Mardi 8 novembre 2011 à 19:42

          Un jour, je suis entrée en classe de CP. J'avais la peur au ventre, celle qui fait trembler les mâchoires des enfants et qui mets des perles d'eau dans leurs yeux. La cour me paraissait trop grande, les élèves avaient l'air de sauvages, j'avais le sentiment de sombrer dans les abîmes d'une mer déchaînée.
          Des cris, partout. Ceux des enfants qui chahutaient, ceux des enfants qui se battaient. Ceux des surveillants qui disputaient et des maîtresses qui rassemblaient. Cette sonnerie stridente qui agressait les oreilles et qui me donnait envie de fuir.
           Et si j'étais mauvaise élève?

 
J'ai fermé les yeux.

Lorsque je les ai rouverts, j'avais dix-neuf ans, et toujours cette peur du monde qui vous agresse, et toujours celle de ne pas être capable.

 
La vie file, et nous restons les mêmes enfants perdus

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Vendredi 21 octobre 2011 à 12:08

" Avez-vous lu Frères ? demanda Lady Kroesig à oncle Matthew pour entamer la conversation dès le potage.
[ ... ]
- Ma chère Lady Kroesig, je n'ai lu qu'un seul livre de toute ma vie, et c'est Croc-Blanc. C'est tellement bien que je ne me suis jamais donné la peine d'en lire un autre. "

Nancy Mitford, La Poursuite de l'amour

* * *
 
          Il fallait que je parle de ce livre ici. Je crois bien qu'il me fait mourir de rire à chaque page. Nancy Mitford, c'est l'élégance racée, l'humour noir et pince-sans-rire, l'ironie à son plus haut degré. Comme chaque anglaise qui se respecte, elle nous raconte les déboires sentimentaux de Linda, une jeune fille de la noblesse anglaise. Peut-être ne suis-je pas très objective, puisque j'aime cette époque de l'entre-deux guerres, et qu'en plus de ça les soeurs Mitford m'ont toujours fascinée. Je crois qu'on retrouve beaucoup de leur folie dans ce livre.
A tout ceux et celles qui aiment l'humour décalé, la légèreté et les années folles.
 
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Samedi 6 août 2011 à 22:31

          Ce qu'il y a de merveilleux lorsqu'on part en vacances, c'est cette impression de pouvoir fuir sa vie, alors même qu'on sait que le voyage qu'on entame nous ramènera à la maison. C'est peut-être pour ça que j'aime tant prendre la route. Tôt ou tard, elle me reconduit chez moi.
Partir pour mieux revenir;

Connaître la douleur pour savourer le bonheur.

           Je m'en vais découvrir d'autres couleurs.


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Mardi 7 juin 2011 à 21:39

 

* * * 

" Il ne faut point trop pleurer le départ de l'Anaon. "
 
 
A. Le Bras, La Légende de la Mort

* * *


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Dimanche 23 janvier 2011 à 15:39



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         Les passants la regardaient monter, interloqués. Quelle curieuse image que celle qui s'offrait à leurs yeux ! 
         Une jeune fille escaladait la falaise, pieds nus et robe volant au vent. Parfois, son corps frêle semblait voleter au gré des bourrasques. " Elle est folle ! ", pensaient-ils tous. Pourtant, aucun d'eux ne parvenait à décoller le regard de sa silhouette s'offrant aux éléments. 
         De son côté, elle sentait le poids de tous ces regards sur son dos. Ils pesaient plus lourd que le vent qui jouait avec elle. Malgré tout elle allait toujours plus haut, cherchant à atteindre ce sommet tant désiré. Seul comptait le contact de ses pieds nus avec la roche rendue rugueuse par des années de combat avec les éléments. Elle se sentait portée par d'autres forces que celles qui l'agitaient d'habitude.La frénésie qui s'était emparée de son esprit à la vue de la masse escarpée ne l'avait pas quittée. Chaque pas la portait vers ce sommet inaccessible. Une fois là-haut, le monde lui appartiendrait enfin. 
         Sous son pied, une pierre bougea. Ses mains s'agrippèrent à la roche. "Ne me lâche pas", hurla-t-elle en silence. D'un coup, elle saisit une avancée de pierre et se hissa. Enfin, elle était arrivée au sommet. Le vent, cet amoureux impétueux, lui rappelait que son corps lui appartenait en la bousculant un peu. Pourtant, lorsqu'elle regarda l'horizon et la mer qui roulait à ses pieds, elle se sentit reine.

         Et c'est vrai qu'elle y ressemblait, avec l'écharpe bleue et dorée qui volait autour d'elle comme un étendard. Les derniers passants se plantaient là, médusés par l'image qui les surplombait. C'était sa victoire. 
 

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